Le Frais Regard, les récentes notes de lecture de Pierre Perrin

Le Frais Regard de Pierre Perrin
– les plus récents articles critiques en ligne –

Jean-Marie Kerwich, Le Livre errant
Mercure de France, 2017, 96 pages, 10 €

Jean-Marie Kerwich Jean-Marie Kerwich est né à Paris en 1952 dans une famille de gitans piémontais. Yehudi Menuhin a fait l’éloge de ses premiers poèmes et Jean Grosjean a comparé son recueil L’ange qui boite aux prières de François d’Assise. De L’Évangile du gitan, son précédent livre, Christian Bobin a écrit : « Un va-nu-pieds nous redonne les clés du ciel que l’on pouvait croire à jamais perdues ». Dans ce quatrième volume, cet auteur… — Continuer la lecture


Nimrod, J’aurais un royaume en bois flottés
Anthologie personnelle 1989-2016, Poésie/Gallimard, 2017, 256 pages, 7,30 €

NimrodNimrod est né au sud du Tchad en 1959 et a publié son premier recueil de poèmes en 1989. Après plusieurs romans aux éditions Actes Sud, dont Les Jambes d’Alice, 2001, il livre ici son anthologie personnelle de poèmes 1989-2016. Il a appris le français à l’école élémentaire. Il a choisi cette langue et, à la faveur d’une bourse obtenue par l’entremise de Léopold Sédar Senghor pour rédiger une thèse de philosophie, il dit avoir découvert Paris sous la neige en février 1991. Si ces détails formulent déjà une légende, l’essentiel est ailleurs. Car les premiers poèmes posent l’art poétique de Nimrod. Il se dégage, écrit-il, de l’éloquence, voire de l’imprécation familière à la poésie africaine, pour « mettre sa voix en veilleuse », en accord avec les chefs-d’œuvre de la langue française. L’extraordinaire est le cap qu’il a su garder. Il précise dans Que la pudeur voile à jamais mes larmes, postface à la seconde édition de Pierre, Poussière, 2004, reprise dans cette anthologie : « Je n’ai pas abandonné le vibrato… — Continuer la lecture


Richard Millet, Désenchantement de la littérature
Éditions Gallimard, 2007, 72 pages

Richard MilletDans ce bref volume, Richard Millet indique d’emblée qu’il réfléchit à « la condition de l’écrivain dans ce nouveau millénaire », comme il avait commencé à le faire avec Le dernier écrivain, chez Fata Morgana, 2005. Il a depuis enrichi sa réflexion jusqu’à la radicaliser avec Langue fantôme, en 2012 et en déplorer le résultat dans Solitude du témoin, en 2015. Il fait plus que livrer un constat. Il rend vives, vivantes, les clés qui le retranchent du consensus qu’exige la majorité de la société, que celle-ci écrive ou non. Ce qui domine en effet, écrit-il, c’est l’indiscutable affirmation que tout se vaudrait… — Continuer la lecture


Jean-Pierre Poccioni, La Maison du Faune
roman, Phébus, 2006, 188 p., 15.20 €

PoccioniUn homme d’un certain âge, racé, cultivé, divorcé depuis vingt ans, un fils et un petit enfant lointains, passionné de vin et de musique, s’inquiète de son aptitude au plaisir. Parti pour un voyage à Naples et ses délices, il rencontre un jeune couple dont la liberté – que tous trois observent sur les fresques des villas romaines – le fascine. Séduits par le désir si peu autorisé de ce passant tardif, les jeunes gens l’ont baptisé le Faune. L’intrigue est ténue, qui se met en place au tiers du livre, et l’entrée en matière, par une quarantaine de pages de journal, ne va pas sans dérouter le lecteur. « Peut-on prétendre saisir les autres par un dérisoire inventaire de leur univers ? » Mais la prose de Jean-Pierre Poccioni est, elle aussi, racée et vaut ce sacrifice, d’autant qu’une belle émotion comble le lecteur vers la fin. Par ailleurs, un rythme porte les phrases… — Continuer la lecture




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