Le Frais Regard, les récentes notes de lecture de Pierre Perrin

Le Frais Regard de Pierre Perrin
– les plus récents articles critiques en ligne –

Alain Nouvel, Anton
éditions La Chimère, 104 pages, 16 €

Alain Nouvel

C’est un très bel objet. Une couverture avec rabats imprimés devient rare. La vignette de première de couverture impressionne. À l’intérieur, la page de titre mentionne « conte philosophique » et la quatrième de couverture développe ainsi la notion : « ce conte initiatique, baroque, propose un voyage où l’imaginaire et le rêve révèlent une autre réalité ». Le projet du livre apparaît sur la première page : un « enfant vieux » s’engage à raconter comment la joie lui est venue. Si j’ai compris le sens du conte, la joie réside dans l’œuvre accomplie et se déploie dans la résistance au temps. Elle reviendrait donc à… — Continuer la lecture


Jean-Michel Delacomptée, La Bruyère, portrait de nous-mêmes
Robert Laffont, coll. « Les passe-murailles » 2019, 209 pages, 18 €

La Bruyère par J.-M. Delacopmptée

La constance est une vertu chez cet auteur. Parmi la vingtaine de titres qu’il a publiés, la moitié ressuscite des Anciens qu’on prend moins la peine de lire : Montaigne, Bossuet, Racine, Saint-Simon, aujourd’hui La Bruyère. Ces auteurs ne nous parlent plus, « brouillonnent » les Modernes ou peu s’en faut. La paresse intellectuelle agit pire qu’un glyphosate. « Nous qui nous croyons à la pointe du progrès baignons dans une illusion de nouveauté. » La rigueur de Jean-Michel Delacomptée le conduit à défendre, à travers les grandes œuvres, leurs auteurs et notre langue. Dans sa Lettre de consolation — Continuer la lecture




Murielle Compère-Demarcy, Alchimiste du soleil pulvérisé
poème pour Antonin Artaud avec 9 illustrations de Jacques Cauda
Z4 éditions, collection « La Diagonale de l’écrivain », 2019, 136 pages, 11,50 €

Compère-Demarcy

Alchimiste du soleil pulvérisé, poème pour Antonin Artaud est un livre pour quiconque apprécie « le corps-à-cris », la profération, « la secousse d’extrême lumière tectonique », écrit Murielle Compère-Demarcy. « Je vous vois à chaque mot tendu, extirpé, raclé pour l’extraire de la bauge profonde, du vertige fangeux où se souiller dans le Langage, pour enfin prendre le large. » Elle cible « les mal-vivants bien-portants qui jamais ne s’indignent », mais où et quand existent-ils, dans quels « gouffres de lumière » ? Elle, en tout cas, ne connaît pas « d’interruption involontaire d’allégresse ». Chacun qui — Continuer la lecture


Page précédente —  Imprimer cette page — Page suivante